Comment Tommy Doan a construit un NAS portable pour remplacer iCloud et Google Drive

Eva Wong est la rédactrice technique et bricoleuse résidente chez ZimaSpace. Geek depuis toujours, passionnée par les homelabs et les logiciels open source, elle se spécialise dans la traduction de concepts techniques complexes en guides accessibles et pratiques. Eva croit que l’auto-hébergement doit être amusant, pas intimidant. À travers ses tutoriels, elle donne à la communauté les moyens de démystifier les configurations matérielles, depuis la construction de leur premier NAS jusqu’à la maîtrise des conteneurs Docker.

Tommy Doan a construit un NAS portable autour de la ZimaBoard 2, capable de synchroniser des fichiers, de sauvegarder les photos du téléphone, de fournir un accès distant, de fonctionner avec une batterie externe et d’être utilisé via son propre écran tactile OLED 3K. Le projet réduit sa dépendance à iCloud et Google Drive, mais sa véritable valeur ne réside pas simplement dans l’évitement des abonnements : il lui donne le contrôle de l’emplacement de ses fichiers et de la manière dont le système peut être étendu.

Merci à Tommy Doan d’avoir conçu et documenté ce projet de serveur domestique portable. Sa vidéo originale suit la réalisation, du stockage de base et des applications auto-hébergées au Wi-Fi, à l’alimentation sur batterie, à l’écran tactile amovible, à Linux, à CasaOS et à l’émulation de jeux rétro.

Note sur la source : cet article réorganise la configuration et les résultats présentés dans la vidéo de Tommy Doan. La disponibilité des composants, le comportement des applications, l’autonomie de la batterie, les températures et le fonctionnement du téléversement en arrière-plan sur mobile peuvent varier selon le matériel final, les versions logicielles, les conditions réseau et la charge de travail.

Le résultat : la ZimaBoard 2 devient un serveur personnel alimenté par batterie, avec stockage local, synchronisation privée des fichiers, sauvegarde mobile des photos, accès distant sécurisé et écran tactile amovible. Elle est plus flexible qu’un disque portable classique, mais nécessite toujours une véritable stratégie de sauvegarde ainsi qu’une gestion rigoureuse de l’alimentation, du réseau et des logiciels.

Pourquoi construire un NAS portable plutôt que louer davantage d’espace de stockage cloud ?

Tommy Doan part de deux préoccupations : les paiements récurrents pour accéder à un espace de stockage personnel qui ne cesse de croître, et l’incertitude quant à l’endroit où sont traités les fichiers privés. Un NAS domestique modifie le modèle de propriété, car l’utilisateur choisit les disques, les applications, le mode d’accès et la stratégie de conservation.

Le contrôle local ne rend pas automatiquement le système privé ou sûr. Les services d’accès à distance, la télémétrie des applications, les clients mobiles, les mots de passe faibles et l’absence de sauvegardes peuvent toujours exposer ou détruire les données. L’auto-hébergement remplace les décisions opérationnelles d’un fournisseur par celles du propriétaire.

La portabilité constitue un autre objectif. Tommy ne veut pas d’un serveur attaché en permanence à un seul bureau par Ethernet et alimenté par le secteur. Son projet évolue donc par étapes : faire d’abord fonctionner les services de fichiers et de photos, supprimer ensuite les connexions réseau et d’alimentation fixes, puis ajouter une interface locale.

La ZimaBoard 2 fournit le cœur de serveur extensible

Le mini NAS domestique ZimaBoard 2 est au cœur du projet. Tommy décrit les deux configurations disponibles de mémoire et de stockage intégré, puis ajoute son propre disque pour les fichiers utilisateur au lieu de considérer le stockage système intégré comme la bibliothèque de données principale.

Il utilise un SSD via un adaptateur PCIe parce qu’il dispose déjà de ce disque. Un grand disque dur peut offrir davantage de capacité par dollar dans un NAS fixe, tandis qu’un SSD, dépourvu de pièces mobiles, peut mieux convenir à un appareil qui sera déplacé. Le compromis concerne la capacité, le coût et l’endurance en écriture, plutôt qu’un choix universellement supérieur.

La connexion PCIe libre devient importante par la suite, car Tommy remplace l’adaptateur M.2 d’origine par un matériel qui ajoute le Wi-Fi. Cela illustre la contrainte centrale d’un petit serveur extensible : une modification peut mobiliser une interface qui pourrait autrement servir au stockage ou à un autre périphérique.

Remplacer Google Drive par un flux de travail Syncthing

Tommy installe Syncthing et crée un dossier partagé entre son MacBook Pro et le NAS. Lorsqu’un fichier est ajouté ou modifié sur l’un des appareils configurés, Syncthing propage cette modification à l’autre appareil, ce qui permet de poursuivre le travail sans importer le dossier dans un compte de service cloud classique.

Selon la documentation de Syncthing, la création, la modification et la suppression de fichiers peuvent être répliquées entre les appareils. Ce comportement est utile pour la synchronisation, mais il signifie également qu’une suppression involontaire ou une modification dommageable peut se propager. Syncthing ne doit donc pas être considéré comme l’unique sauvegarde.

Un flux de travail plus sûr sépare le dossier synchronisé actif de l’historique protégé. La gestion des versions peut aider à récupérer certains fichiers remplacés, mais les documents importants nécessitent toujours une destination de sauvegarde indépendante, qui ne réplique pas en continu chaque action de l’utilisateur.

Utiliser Immich pour une bibliothèque photo auto-hébergée

Pour les photos de son téléphone, Tommy utilise Immich comme alternative auto-hébergée à un flux de travail centré sur iCloud. L’application mobile peut importer sur le serveur les nouvelles photos et vidéos des albums sélectionnés, donnant ainsi au NAS un rôle actif dans la protection et l’organisation de la pellicule.

Le guide de sauvegarde mobile d’Immich explique que les importations en arrière-plan dépendent du système d’exploitation du téléphone. Sous iOS, l’actualisation des apps en arrière-plan doit être activée, et c’est le système d’exploitation — et non Immich — qui décide du moment où les tâches en arrière-plan s’exécutent. Une photo récemment prise peut donc ne pas parvenir immédiatement au serveur.

Immich nécessite également son propre plan de sauvegarde. La base de données de l’application contient les chemins et les métadonnées, tandis que l’emplacement des importations stocke les fichiers multimédias originaux. Protéger une seule de ces couches peut laisser une bibliothèque restaurée incomplète. L’article connexe de ZimaSpace consacré à un cloud photo privé Immich avec ZimaBoard 2 offre un autre point de vue, proposé par un créateur, sur ce flux de travail.

Tableau de bord de ZimaOS ouvert sur un MacBook pendant que Tommy Doan configure son NAS portable ZimaBoard 2
Tommy administre d’abord le ZimaBoard 2 via le tableau de bord du navigateur de ZimaOS, avant d’ajouter le réseau sans fil, l’alimentation par batterie et un écran tactile dédié.

Tailscale garde le NAS accessible à distance

Syncthing et Immich sont particulièrement utiles lorsque le serveur reste accessible au-delà du bureau local. Tommy ajoute Tailscale pour créer une connexion privée entre ses appareils, permettant aux clients autorisés d’accéder au NAS et de poursuivre le transfert des fichiers lorsqu’il est absent.

Cela évite de traiter chaque application auto-hébergée comme un site web public distinct. Un réseau privé superposé peut réduire l’exposition directe, même si la sécurité des comptes, l’autorisation des appareils, les mises à jour du système d’exploitation et l’authentification des applications restent importantes.

L’accès à distance dépend également du réseau disponible aux deux extrémités. Un Wi-Fi faible, les limites des données mobiles, un débit montant domestique lent ou un serveur en veille peuvent retarder la synchronisation, même lorsque la connexion privée elle-même fonctionne.

Suppression de l’Ethernet et de l’alimentation secteur

La première version fonctionne comme un NAS, mais nécessite encore une connexion Ethernet et une prise secteur. Tommy remplace la carte M.2 d’origine par un adaptateur qui ajoute le Wi-Fi, ce qui permet au serveur de se déplacer dans la maison sans connexion réseau filaire.

Pour l’alimentation, il installe sous le châssis une batterie avec une sortie fixe de 12 V sur connecteur coaxial. Il est essentiel d’adapter la tension et le connecteur requis ; une batterie externe USB ne fournit pas automatiquement la sortie fixe correcte pour tous les serveurs. La batterie, le câble et le circuit de conversion doivent également supporter la charge de pointe du système, et pas seulement sa consommation au repos.

Cette modification rend le NAS portable dans les limites de la couverture sans fil et de l’autonomie de la batterie. Elle ne protège pas le stockage contre les arrêts soudains. Une coupure due à une batterie faible pendant des écritures peut interrompre les transferts ou laisser les applications effectuer une récupération au démarrage suivant. Le plan d’alimentation doit donc prévoir un arrêt sécurisé et une surveillance de l’état du système.

Ajout d’un écran tactile OLED 3K

Le Wi-Fi et l’alimentation par batterie suppriment deux câbles reliés à la pièce, mais le NAS a toujours besoin d’un autre appareil pour être administré. Tommy ajoute un écran tactile OLED 3K portable de 14 pouces afin que le système puisse afficher et contrôler sa propre interface.

Le moniteur prend en charge le tactile, possède un pied intégré et est compatible avec une fixation VESA. Le fixer directement au châssis du serveur gênerait les câbles. Tommy réutilise donc un pied de bureau pivotant, le glisse dans l’espace disponible, le sécurise avec une pince, puis organise les câbles de l’écran et de l’alimentation.

La structure terminée n’est pas un ordinateur portable conventionnel. Il s’agit d’un serveur personnel modulaire doté de son propre écran, de son stockage, de sa batterie et de sa connexion réseau. L’écran peut également être détaché et reprendre son rôle habituel de moniteur externe pour un autre ordinateur.

Tommy Doan branche des câbles à l’écran tactile OLED 3K de 14 pouces utilisé avec son NAS portable ZimaBoard 2
Tommy connecte les câbles de l’écran et de l’alimentation à l’écran tactile OLED 3K amovible de 14 pouces, qui fournit au NAS portable son interface locale.

Pourquoi l’écran tactile nécessite Linux et CasaOS

ZimaOS se gère normalement depuis un navigateur exécuté sur un autre appareil. Connecter directement un écran tactile ne crée pas, à lui seul, une session de bureau capable d’afficher ce navigateur. Tommy installe donc Linux comme système d’exploitation hôte et ajoute CasaOS pour gérer les serveurs et les applications dans une interface de type navigateur.

Cela modifie l’architecture. L’expérience NAS d’origine devient une charge de travail parmi d’autres dans un environnement informatique plus vaste. Le bureau local peut ouvrir directement l’interface de gestion, tandis que Linux donne également accès à des applications qui ne font pas partie d’un flux de travail NAS sans interface graphique classique.

La contrepartie est une maintenance supplémentaire. Le propriétaire doit désormais gérer le bureau Linux, CasaOS, les services conteneurisés, les points de montage du stockage, le comportement de l’écran tactile et l’ordre de démarrage. Une interface autonome n’est pratique que si toutes ces couches se rétablissent correctement après les mises à jour et les redémarrages.

Jouer à des jeux rétro sur le NAS portable

Une fois que le système dispose d’un bureau Linux et d’un écran tactile, Tommy teste un usage qui dépasse le stockage : l’émulation de jeux rétro via Dolphin. Le processeur Intel n’est pas présenté comme adapté aux jeux AAA modernes, mais il fait fonctionner étonnamment bien les titres classiques qu’il teste.

Cela ne transforme pas le stockage et le jeu en une seule et même charge de travail. La synchronisation des fichiers, le traitement des photos, l’indexation des médias et l’émulation peuvent se disputer les ressources du processeur, de la mémoire et la bande passante du stockage. Un jeu peut sembler fluide lorsque le serveur est au repos, mais se comporter différemment pendant l’envoi de fichiers volumineux ou l’exécution de traitements en arrière-plan.

Le test montre néanmoins pourquoi l’écran local est important. L’appareil peut rester un serveur lorsqu’il est sans surveillance et devenir un ordinateur interactif lorsque son propriétaire est assis devant.

Mario Kart Double Dash exécuté via l’émulateur Dolphin sur le NAS portable ZimaBoard 2 de Tommy Doan
Avec Linux installé, Tommy joue à Mario Kart: Double Dash!! via l’émulateur Dolphin sur l’écran OLED portable.

Résultats d’autonomie et de température

Tommy utilise une batterie externe de 122 Wh pour alimenter à la fois le système ZimaBoard 2 et l’écran. Dans sa configuration, elle offre environ trois heures et demie de streaming vidéo en 4K ou environ trois heures de jeu.

Il indique des températures d’environ 40 à 45 °C lors d’une utilisation plus intensive, comme les jeux, et d’environ 30 à 35 °C au repos. Ces valeurs décrivent sa configuration assemblée, les conditions ambiantes, la charge applicative et sa méthode de mesure ; elles ne constituent pas des limites garanties pour chaque boîtier, disque ou configuration d’alimentation.

Un serveur portable pratique doit être testé avec des charges simultanées : écran actif, transferts sans fil, écritures sur le stockage, traitement des photos et toute application interactive. Calculer l’autonomie uniquement à partir de la consommation au repos peut surestimer la durée pendant laquelle le système reste utilisable sur le terrain.

Portable ne signifie pas que les données sont automatiquement protégées

Tommy conclut par une limite importante : un NAS reste un appareil physique unique. Si son seul disque tombe en panne, si l’ensemble est endommagé ou si le système portable est perdu, les fichiers peuvent disparaître avec lui.

Immich recommande de protéger à la fois les médias importés et sa base de données dans le cadre d’une stratégie de sauvegarde plus large. Syncthing avertit de même que la synchronisation n’est pas équivalente à une sauvegarde, car les suppressions et les modifications peuvent se propager. Ces deux faits sont encore plus importants lorsque le serveur est conçu pour être déplacé.

Un plan de protection raisonnable consiste à conserver le NAS portable comme copie active, à ajouter une deuxième copie sur un autre appareil local ou un disque amovible, et à maintenir une troisième copie à distance de l’appareil. L’auto-hébergement doit modifier la personne qui contrôle la sauvegarde, pas supprimer la sauvegarde.

Qui devrait construire un NAS portable comme celui-ci ?

Ce projet convient aux créateurs, aux voyageurs, aux étudiants et aux personnes qui construisent un laboratoire domestique, qui apprécient un serveur local personnalisable et aiment intégrer du matériel. Il est particulièrement utile lorsque les fichiers doivent circuler entre plusieurs appareils personnels et que leur propriétaire souhaite accéder directement au stockage sans transporter un NAS de bureau classique.

Un NAS fixe est plus simple lorsque le serveur reste toujours à côté d’un routeur et d’une prise murale. Un SSD externe classique est plus compact lorsque la seule exigence est de disposer d’un stockage directement connecté. Un service cloud commercial peut rester plus pratique lorsque la redondance sans intervention et l’accès mondial comptent davantage que la propriété de l’infrastructure.

La conception de Tommy devient particulièrement intéressante lorsqu’aucune de ces catégories ne suffit à elle seule. Elle combine un lecteur portable, un serveur d’applications auto-hébergées, un point de synchronisation privé et un ordinateur Linux interactif dans un seul montage modulaire.

Un cloud personnel peut être conçu autour du flux de travail de son propriétaire

Le NAS portable de Tommy Doan est une réussite parce que chaque modification répond à un point de friction précis. Syncthing gère les fichiers de travail, Immich les photos du téléphone, Tailscale étend l’accès privé, le Wi-Fi élimine le câble Ethernet, la batterie supprime la dépendance à une prise murale et l’écran tactile évite d’avoir recours à un second appareil de gestion.

Le résultat n’est pas nécessairement le NAS le plus petit ou le plus simple. Il s’agit d’un serveur personnel conçu autour de la manière dont son propriétaire souhaite stocker, consulter et utiliser ses données. Cette personnalisation — et la responsabilité qui l’accompagne — constitue la véritable alternative à la location d’un espace de stockage cloud supplémentaire.

Regardez la vidéo du montage complet de Tommy Doan pour découvrir l’assemblage du matériel, le support d’écran portable, le flux de travail des applications, le test de la batterie et la démonstration de jeux rétro. Pour échanger davantage d’idées de projets ZimaBoard 2 avec d’autres créateurs de serveurs personnels, rejoignez la communauté Discord ZimaSpace.

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